Le mathématicien Alain Connes, fondateur d'une nouvelle branche
des mathématiques, la «géométrie non commutative»,
s'est vu décerner hier la médaille d'or du CNRS
2004, la plus haute distinction scientifique française.
Le lauréat, âgé de 57 ans,
professeur au
Collège de France
et à l'IHES
Il est considéré comme 1'un des plus
grands mathématiciens de notre temps.
Ses travaux avaient déjà été
récompensés par la médaille Fields (en 1982) et le prix Crafoord
(en 2001).
Esprit fondamentalement indépendant,
Alain Connes remercie aujourd'hui le CNRS qui lui a
« donné la chance à peu près unique au
monde de travailler en toute liberté sur des sujets que
personne ne considérait alors comme majeurs
».
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Tout au long de sa carrière, Alain
Connes s'est intéressé aux problèmes soulevés par la physique quantique et la théorie de la relativité, qui ont fait
apparaître des questions impossibles à résoudre par l'algèbre et la géométrie
classiques, commutatives,
ou 1'ordre des termes d'une opération est sans importance (A fois B est égal a B fois A).
Alain Connes a imaginé un espace
géométrique fictif, la géométrie non commutative qui permet de résoudre des
problèmes auparavant sans solution.
Il poursuit
aujourd'hui ses travaux dans ce domaine et tente de développer de nouveaux
outils mathématiques qui devraient permettre aux physiciens de faire
progresser les théories actuelles.
Le Figaro
– 10 novembre 2004
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